• Mes chers lecteurs je veux que vous me plaignez, que vous pleuriez à la nouvelle que je vais vous annoncer :

    Je sacrifie mes vacances de Noël pour la Science, pour l'Humanité, pour l'Indigent et l'Orphelin...

    A moins que vous ne soyez vous-même chercheur dans le laboratoire qui m'accueillera un mois durant, vous ne pouvez que ressentir une peine immense envers ma situation. Pleurez, c'est un ordre !!!

    Le lendemain de la dernière épreuve des examens semestriels, la gueule en bois, la tête en gravier, le foie en compôte et l'anus en feu, je me rendrai dans l'antre du Savoir, je me jetterai tout entier au plus profond de l'âtre brûlant de la Recherche incandescente !!!

    J'attendrai 1/4 d'heure dans le froid et la pluie du 13 décembre parce que les cerveaux les plus doués d'une génération, les espoirs les plus fervents d'une population, les fondations les plus solides d'une société savante... arrivent en retard, c'est une règle.

    Puis je me faufilerai au milieu des grands pontes savants, les parrains de la Famille, et on me regardera avec indifférence et méfiance ("Alors ce séminaire ? Parraît qu'y avait des p'tits fions...C'est qui le gamin là ? Je sais pas, j'en ai rien à foutre... Ouais et pas que de petits: y'avait la mère Gisèle du labo de Machinchouette...") parce que tout le monde aura oublié que je devais venir.

    Là, vous avez pitié de moi. Non ? Si !!!

    Et pourtant, pourtant, (c'est bien toi que j'aime) rien ne me fait plus plaisir que l'idée de devoir faire répéter quinze fois mon prénom au directeur du labo, au responsable de stage, aux thésards, à mes collègues en somme !!! Mes collègues...

    Putain ça me fait bander !!! Je sais que c'est vulgaire et que ce n'est qu'une figure réthorique puisque ma bite est désespéremment molle, mais putain ça fait quand même bander !!!

    Keep on running !
    Running from my heart.
    I wanna be your man !         Steeve Winwood

    Bonnes vacances de Noël à ceux qui ont la chance de pouvoir en profiter... :-(

    PS: c'est vrai que tout le monde me fait toujours répéter mon prénom deux fois... deux fois...


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  • Je demande pardon à mes lecteurs qui attendent avec impatience de nouveaux articles. Il s'écoule parfois de trop longues semaines entre chaque "publications", j'en suis conscient.

    Il faut tout de même savoir que le métier d'écrivain est une vocation pour laquelle il faut savoir sacrifier impatience, amour-propre et rêve de fortune (rien que ça !). Le chemin parcouru par les mots entre le moment où l'écrivain écrit et celui où le lecteur lit (jusque là tout le monde fait bien son travail) est un parcours semé d'innombrables obstacles.

    L'écrivain doit, d'une part être inspiré, et d'autre part avoir payé sa facture d'électricité sans quoi l'éditeur ne recevra jamais le mail qu'il réclame depuis déjà une semaine et demie.

    L'éditeur doit ensuite faire semblant d'avoir compris le manuscrit électronique. Son assistant, un jeune homme plein d'ambitions et de mauvaises idées (il ira loin le bougre !), doit prendre le temps de trouver une excuse presque valable pour vous faire réécrire la moitié du manuscrit.

    L'écrivain doit repayer ses factures pour recevoir toutes ces bonnes nouvelles. Dur à la tâche, il ne comptera pas les heures d'insomnies laborieuses, ni les repas caféino-nicotiniques.

    Encore une factrure...

    Cette fois semble être la bonne. Il faut discuter le choix d'une virgule entre deux épithètes attributs du nom (branle-bas de combat dans les bureaux !!! faites sonner le clairon de la mort !!! déterrez la hache de guerre !!! abattez le bras vengeur de la bureaucratie !!! les braves, stoïques grammairiens auront résisté jusqu'à l'aube avant de rendre l'âme devant l'impitoyable, illettrée hiérarchie...).

    Les informaticiens se foutent royalement de la bataille qui fait rage dans les couloirs du troisième étage et râlent auprès des secrétaires, qui râlent auprès des informaticiens, qui râlent auprès des secrétaires, qui râlent... Ils veulent le manuscrit pour l'encoder en dieu sait quel langage connu d'eux seuls.

    Entre deux pannes de réseau, les informaticiens travaillent (ils ont oublié d'enlever la coupable, épineuse virgule...).

    Puis l'impatient, érudit lecteur qui a payé sa facture peut enfin se délecter d'un nouveau chef-d'oeuvre, au terme d'interminables, terribles heures d'attente.

    Enfin c'est ce que je crois parce que je ne suis pas écrivain. Je suis juste un grand affabulateur qui risque de payer les inconséquences de ces excès d'imagination si je ne me bouge pas le cul !!! Moins de 30 minutes avant le premier partiel du semestre et monsieur trouve judicieux de rédiger un nouvel article.

    L'inconscient, talenteux auteur...

    PS: ça se remarque beaucoup les virgules entre deux épithètes attributs du nom ?


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  • Je crois savoir ce qui différencie les adolescents des adultes. Je ne suis pas adulte depuis très longtemps (le suis-je déjà complètement ? pas sur) et c'est surement pour ça que je n'ai pas encore eu l'occasion de prendre du recul sur le sujet. Mais ce soir, je suis de retour dans le cocon familial... et c'est pour ça que je sais !

    La quatrième fille de la copine de mon père témoigne annonymement : "Ma mère me fais chier !".

    La mère de la quatrième fille de la copine de mon père témoigne annonymement : "Mais qu'est-ce qu'elle a ma fille ?"

    Envoyez vos réponses au 26 21 44 (coût d'un sms + surtaxe injustifiée).
    Pour cela, envoyez ADO suivi de :
             
             - 1 pour "Elle a du poil au pubis mais ce n'est pas sale."
             - 2 pour "Elle a 14 ans, et aura 14 ans pendant encore 4 ans, mais ça passera."
             - 3 pour "Elle a les hanches qui enflent et c'est pas près de s'arrêter."

    Ce soir il s'est passé à la maison ce qui se passera un soir sur deux pour les prochaines années à venir. Je passe sur les détails parce qu'il s'agissait d'un conflit mère-fille des plus banal.
    Je ne nie pas l'importance de ces scènes, ni les traumatismes constructeurs de ces conflits. Je ne m'étends pas sur le sujet puisque chacun peut se l'imaginer sans peine et que le véritable fond de l'histoire est le même pour tous les cas de figures imaginables : tester l'autorité parentale et mettre à profit ces nouvelles capacités cognitives qui viennent de se mettre en place dans ce jeune cerveau de 14 ans et qui permettent de répondre des choses méchantes que l'on ne pense pas (moi aussi j'ai eu 14 ans, et même 15, et même 16...).

    Après le dîner, mon père et sa copine devaient aller au théâtre et... c'est ce qu'ils ont fait.
    Vous l'avez peut-être compris : je suis resté seul avec ma demie-soeur de 14 ans et celle d'environ 10 ans (un peu moins je crois) qui ont cette particularité de se chamailler pour de vraiment bonnes raisons (c'est elle qui a commencé ! non c'est elle ! de toute façon t'es nulle ! et toi même !). Une bonne soirée en perspective...

    Et bien, contre toute attente, tout se passe pour le mieux parce que j'ai compris la différence entre les ados et les adultes.
    Les ados voudraient voler de leur propres ailes et pour ce faire ils insultent leurs parents (ne cherchez pas à comprendre, c'est comme ça que ça se passe dans leurs petites têtes pubescentes). Et bien, la différence, le petit plus si j'ose dire (j'ose ? allez oui, j'ose), des adultes c'est qu'ils savent faire profil bas pour mieux tromper la confiance de ceux qui la leur prêtent. Cette différence s'appelle "hypocrise (yin) et mensonge (yang)".

    Et grâce à elle je passe une calme soirée : Miss "je-déteste-ma-mère" regarde Charmed dans le salon et Miss "je-rigole-quand-on-dit-caca" regarde un DVD dans la chambre des grands, parce que je les ai autorisées à le faire dans la mesure où tout ceci reste "secret" (je leur ai promis de les tuer dans leur sommeil si elles parlaient).

    Bonne soirée à vous auusi... Haaaaaa...


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  • Hier, alors que l'ADN migrait dans son gel de polyacrylamide (diagnostic de la mucoviscidose, rien que ça), nous discutâmes, quelques amis et moi, de choses et d'autres... Autant dire qu'on se faisait chier sévère.

    Il s'avère que l'un de mes interlocuteurs d'hier n'était autre qu'une ancienne amie de collège et de lycée que j'avais perdue de vue jusqu'à l'annèe dernière. Nous nous sommes retrouvés par hasard grâce à notre passion commune pour les électrophorèses et nous passons tout notre temps à faire migrer de l'ADN pendant des heures (quand nous ne tuons pas des souris pour prendre leur cerveau).
    Ces innombrables heures d'attente fébrile devant les micropipettes et autres boîtes de Pétri, dans l'atmosphère surchauffée par les automates à PCR (les connaisseurs apprécierons la qualité et la diversité du matériel qui nous est alloué), ont fait naître une complicité propice à certaines révélations.

    Hier, donc, nous discutâmes du passé commun que nous partageâmes jadis. La plupart des annecdotes se révélèrent être des clichés de l'adolescence que nul ne peut se permettre de nier. Ce qui dix ans auparavant aurait été humiliant, se prête aujourd'hui à sourire (de nostalgie).

    Tout ? Pas tout à fait.

    Parce qu'il existe des révélations sur votre "passé-fiction" qui vous renvoient directement à votre "présent-réalité". Il est des choses qui ne changent pas, et la douleur de vos 13 ans garde parfois la même vigueur que celle de vos 21 ans.
    Quand quelqu'un qui vous connais bien, qui connais au moins une partie de votre passé, vous dis qu' "à l'époque, toutes les filles étaient amoureuses de Piouaille. Il était gentil. Il était beau et intelligent."...

    Et que "Piouaille" c'est vous...

    Et que vous venez de passer dix ans à vous demander pourquoi vous n'êtes pas capable de séduire les filles de votre propre chef alors que vous êtes gentil, beau et intelligent...

    Et bien c'est votre passé qui change. Et quand votre passé change, c'est plus que le présent qui change en conséquence : c'est vous qui changez en profondeur.

    Je résume donc : je suis effectivement "gentil, beau et intelligent" (aux yeux de certains du moins car tout est relatif). Merci, c'est un réel plaisir de l'entendre.
    C'est donc ça qui a séduit les deux femmes que j'ai aimées, et peut-être d'autres dont je n'ai pas connaissance. OK.

    Seulement, le hasard n'y fut pour rien dans la prise de conscience du désir de l'autre puisque chacune de mes histoires d'amour se révèle être le résultat positif de la technique "dire à X qu'il plaît à Y, dire à Y qu'il plaît à X, et laisser faire". C'est magique, ça marche presque à tous les coups. Et c'est une bonne chose que ça se soit passé comme ça puisque ça m'a permis de sortir avec des filles, que ce fut de grands moments de bonheur, et que pour rien au monde je n'échangerai ces souvenirs. Ce n'est pas ce qui s'est passé que je regrette (plus depuis dimanche mais c'est une autre histoie).

    Je regrette amèrement d'être un gros nul, incapable de faire les choses soi-même. Je suis comme un con à attendre qu'on fasse le travail à ma place ou qu'on vienne me chercher où je suis.
    Merci à ceux qui me disent de me bouger le cul, de prendre les choses en main, mais ça ne m'aide pas plus que de dire à un aveugle de regarder un coucher de soleil au risque de rater un spectacle magnifique. Ca ne fait qu'accroître la frustration d'être infirme.

    Mes yeux fonctionnent à merveille et j'en remercie la vie tous les jours mais je me sens infirme. Je ne sais pas, je ne peux pas, je ne comprends pas...

    ET QUE PERSONNE NE VIENNE ME DIRE QUE JE NE VEUX PAS !!!

    Comment font-ils ?...


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  • Depuis déjà trois ou quatre jours, je ne sais plus très bien, il règne une ambiance irréelle. Je ne crois n'avoir jamais été autant coupé de la réalité qu'en ce moment. Et paradoxalement, comme un enfant qui a peur du monstre qui se cache sous son lit, je me force de garder les yeux ouverts pour ne pas perdre une miette de cet instant que je sais réel (rapport à l'ambiance qui ne semble pas l'être).

    Rien n'est plus cliché qu'un feu de camp autour duquel s'entassent pêle-mêle une poignée d'amis et de bouteilles vides. Mais rien n'est plus efficace qu'un cliché. La guitare égrène des notes réchauffées par le feu, et le feu lui-même crépite avec nous (ce doit être sa manière à lui de chanter). On tape sur les culs des bouteilles dans une recherche désespérée de sonorité orientale et on y croit...

    On a déjà fait deux fois le tour de notre répertoire musical et les larmes de fâtigue qui brillent dans leurs yeux annoncent la fin. Le feu finit par s'éteindre en expulsant une nuée d'étincelles qui n'arrivent pas à rejoindre les étoiles... les cendres d'une soirée réussie.

    Tous vont se coucher. Tous ?! Non car deux irréductibles ennivrés d'alcool, de fâtigue et de l'odeur du feu de bois, en ont décidés autrement. Alors que le jour se lève, ils offrent leurs corps presque nus à l'eau glaciale de l'étang argenté qui n'avait même pas encore enlevé sa fine couverture de brume. Un aller-retour est suffisant. Plus et il s'agissait d'un expédition polaire.

    L'eau brûlante qui tombe du pommeau de douche est un délice de douleur. Le débriefing s'est fait dans le salon. L'un non rassasié de drogue (ou cherchant du courage là où il n'en trouvera jamais), l'autre vêtue d'une simple serviette de bain verte fluo. Il ne manquait à l'un que le culot suffisant et une anesthésie de morale pour réaliser (peut-être), plus qu'un fantasme, un rêve d'adolescence. Mais le vie ne se passe toujours pas comme dans les comédies romantiques.

    L'inconvénient des drogues c'est la descente. Plus qu'une descente on devrait parler de chutte. L'aterrissage est souvent violent, et c'est surtout le cerveau qui se cogne contre le mur des réalités. Une migraine sourde et sournoise commençait à envahir la situation autant que le crâne de l'autre. Finalement, la meilleure solution fut pour l'autre d'aller se coucher.

    L'un marchant derrière l'autre dans les escaliers de bois craquant, en prévention d'une chutte (pas symbolique celle-ci). C'est drôle comme parfois la vie s'amuse avec les situations. Deux marches d'à peine montées et l'espiègle serviette glisse offrant aux yeux de l'un, le corps nu de l'autre. C'est la vie qui regarde trop de comédies romantiques.

    Quelle brûlure dans les tripes ! Jamais un tel désir immoral (j'insiste sur "immoral" bien que ce ne soit pas le mot que j'emploierai maintenant, j'insiste sur "maintenant") n'avait traversé le corps, pourtant rompu aux choses de l'amour, de l'un. Peut-être parce qu'il n'avait jamais vécu aucune situation de ce genre auparavant. La brûlure m'a laissé une cicatrice, stigmate d'une douloureuse esthétique du bonheur.

    Puis l'autre est arrivé à sa chambre, à son lit, à ses draps, à son tombeau dans ma mémoire... Elle y dors toujours et ne se réveille que lorsque ma cicatrice me démange.


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